Vers l'overdose des "young adult movies"

Publié le par Mocking Crow

Quand y en a plus, y en a encore... les parodies peuvent d'ailleurs s'en donner à cœur joie.
Quand y en a plus, y en a encore... les parodies peuvent d'ailleurs s'en donner à cœur joie.
Quand y en a plus, y en a encore... les parodies peuvent d'ailleurs s'en donner à cœur joie.
Quand y en a plus, y en a encore... les parodies peuvent d'ailleurs s'en donner à cœur joie.
Quand y en a plus, y en a encore... les parodies peuvent d'ailleurs s'en donner à cœur joie.
Quand y en a plus, y en a encore... les parodies peuvent d'ailleurs s'en donner à cœur joie.

Quand y en a plus, y en a encore... les parodies peuvent d'ailleurs s'en donner à cœur joie.

 

​Trop de succès, tue le succès

Des Best-seller de province

Y a pas à dire, les young adults movies cartonnent et pas seulement en France, depuis quelques années un engouement international est né pour ce genre. En un sens, c'est vrai que puisque ça rapporte autant continuer les adaptations. Adaptations qui, vous l'aurez sans doute remarquer sont toujours tirées de Best-seller dont quasiment personne n'a entendu parlé jusqu'au premier teaser, mais aucune importance, les ados vont se ruer sur les livres après avoir vu le film. Si c'est bien d'inciter les jeunes à lire, faut aussi éviter de les prendre pour des cons avec des récits qui se ressemblent tous, des personnages clonés et une histoire d'amour à deux sous.

Je m'étonne encore du succès incroyable d'Hunger Games (2008), si les bouquins sont très agréables à lire, ils n'étaient en rien des best-sellers internationaux (qui connaissait la saga en France avant les films ?), surtout lorsqu'on se penche sur les nombreux airs de déjà-vu de l'univers. Que ce soit Battle Royale, Running man, marche ou crève, la Dixième victime, Hunger Games n'a rien  inventé, loin de là. Pourtant son petit succès en a grisé plus d'un, quant à l'adaptation, elle les a sublimé; c'est d'ailleurs pour ça qu'une certaine Veronica Roth s'est dit un beau matin, "moi aussi je peux le faire !"

Mais voilà, c'est pas facile d'imaginer un univers dystopique innovant et à trop vouloir faire comme son voisin, on se retrouve avec du lu, relu et déjà-vu. Disons que si Hunger Games se situe vers le haut du panier, on est clairment dans les bas-fonds avec Divergente, l'Epreuve ou Legend, trois trilogies qui sont comme par hasard sorties en 2011. Originalité de l'univers zéro: Divergente n'est pas sans rappeler Hunger Games et The Giver (dont les livres datent de 1993 ! Comme quoi c'est vraiment un effet de mode).
Quant à Labyrinthe (ou la trilogie de l'Epreuve) c'est du post-apocayptique, pas de chance le genre est déjà bien fourni, ajoutons à cela le bullshit scientifique et le côté très niais des bouquins et on rate pas grand chose.
Finalement Legend qui a ses fans, mais qui n'invente rien et ne tente rien, va aussi avoir droit à une adaptation, un beau gâchi, quand on voit que certains livres pour ados bien plus inventifs n'auront jamais leur adaptation. Je pense notamment à Uglies, une dystopie très... particulière par Scott Westerfeld.

Après certains ont essayé de se rapprocher des soporifiques Twilight (au passage n'étaient évidemment pas des best-sellers avant les adaptations). Ces derniers font déjà preuve de plus d'inventivité comme Fallen qui remplace les vampires par des anges et qui aura droit à son adaptation.

Legend un sous Divergente sans originalité, même pour l'(hypothétique) affiche !

Legend un sous Divergente sans originalité, même pour l'(hypothétique) affiche !

Un monde fermé

Juste un détail que j'ai bien souvent constaté dans le genre c'est la limitation géographique. Si l'on prend Hunger Games, l'action se limite dans les vestiges des E.U. Mais et le reste du monde ? Si vous n'êtes pas content, allez vivre ailleurs, c'est pas la place qui manque et je suis sûr qu'il y a d'autres survivants ou d'autres gouvernements, comme dans 1984. En plus, je fais pas dire, mais une carte du monde a été dressé et on voit clairement qu'il reste des parties du globe intact. Et puis, par pitié le coup du Les humains d'antan se sont entretués et les catastrophes climatiques se sont déchainées pour nous engloutir, puis on a reconstruit et..." Stop, c'est creux, et plein de trous: pourquoi les gouvernements se faisaient la guerre, comment avez-vous reconstruit, comment tout a recommancé ? Rien de rien ! On passe rapidement dessus en espérant que personne ne va vouloir revenir dessus je suppose. Je casse du sucre sur les livres du moment, mais je sais parfaitement que New Victoria a les mêmes faiblesses initiales... avant de développer les choses.

"Moi j'aime bien la dystopie, c'est plus sombre et c'est nouveau pour nous..."

"Ah oui, et qu'est ce que tu connais d'autres comme livres du genre petit(e)." C'est bien souvent ce que les journalistes font cracher aux ados/enfants lors de la sortie d'une adaptation d'un de ces trucs (je suis sûr qu'ils vont le faire pour la dernière partie d'Hunger Games) et bien souvent ceux-ci répondent Divergente, Labyrinthe puis les médias essaient de mixer ça à Harry Potter ou à la croisée des mondes. 

Mais c'est un comble que la plupart des ados disent adorer la dystopie sans connaître Orwell, Levin ou Bradbury, beaucoup plus visionnaires. Au lieu de rester scotcher aux livres actuels ce serait bien de parler des précurseurs et des fondateurs des différents genres, mais ça ce n'est pas qu'au public ciblé de le faire, si les journalistes pouvaient sortir la main du devant de leur slip pour présenter quelque chose de culturellement plus utile, ce serait bien. 
Comme un blog sert à autre chose que s'énerver,  j'ai vu par exemple récemment qu'un écrivain avait fait une biographie sur Orwell, lequel avait expréssement demander à sa mort qu'on en fasse pas. Comme beaucoup me direz-vous, sauf que là c'est présenté comme un argument de vente sur la quatrième de couverture ! Super ! C'est très bien de voir qu'on hésite pas à ternir la mémoire des morts.

Ce serait bien de renouveller le genre non ?

La moralité c'est pas de ne pas les lire, mais d'éviter de tomber dans les travers de la diffusion commerciale, parce que vu la piètre qualité de Terre Brûlée (scénario nawak, dialogues téléphonés, grosses ficelles, coïncidences invraisemblables, Q.I. d'huitre...) qui prend vraiment les ados pour des cons, les futures adaptations vont de plus en plus être des produits formatés et franchement quelconques.
Le pire dans tous ça, c'est qu'il y a plein d'excellent livres pour la jeunesse (ou pour les ados si vous préférez) qui ont choisi la voie de l'anticonformisme, mais qui sont ignorés, voire écrasés par ces "best-sellers". Preuve que le modèle commercial se limite à la formule qui marche, jusqu'à ce qu'un exentrique réussise à s'imposer. Le plus incroyable c'est que certains sont vraiment des copies conformes et cartonnent, alors que d'autres... non (Sublimes créatures, The Giver...). Des fois les gens semblent se réveiller et s'insurger avant de replonger avec comme seul argument: "Oui mais là c'est différent, c'est Machin truc quoi !"

 

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Cette critique du Mocking Crow est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International

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