The Visit (délicieusement malsain)

Publié le par Mocking Crow

The Visit (délicieusement malsain)
  • Date de sortie: 7 octobre 2015
  • Réalisateur: M. Night Shyamalan (le retour !)
  • Acteurs principaux: Olivia DeJonge, Ed Oxenbould, Deanna Dunagan, Peter McRobbie, Kathryn Hahn
  • Compositeur: Susan Jacobs (superviseur musical), Suzana Peric (Montage musical)
  • Genre: Horreur, Comédie
  • Nationalité: américain
  • Durée: 1h34
Les grands-parents idéals ?

Les grands-parents idéals ?

Enfin un nouveau bon film

Après s'être fait dessouder par les critiques avec les blockbusters After Earth et Le Dernier Maître de l'air, sans oublier le très tumultueux Phénomènes et l'infâme jeune fille de l'eau, il était grand temps que ce cher M. Night Shyamalan nous ponde quelque chose de convenable. Persuadé d'être incompris, celui-ci décide de diviser son budget par 50 et de retourner sur un terrain connu et maîtrisé: l'horreur. Oui mais attention, Monsieur a décidé de vivre avec son temps et réalise son premier found footage (Blair Witch Project, Paranormal Activity, Cloverfield, Rec, vous voyez le genre ?). N'ayant vu aucune B.A. et lu bêtement l'accroche, c'est clair que ça m'a fait un petit choc dès les premières images et je me suis demandé face à quel étron j'allais me retrouver. Et pourtant rien de ça.


L'aspect Found Footage, bien fichu déjà, ne provoque pas la migraine, renforce l'immersion et provoque des frissons. Autre aspect surprenant: l'humour. Comment peut-on être à la fois plier en deux de rire et en même temps oppressé, voire mort de trouille dans un film d'horreur. Bon d'accord, le Q.I. moyen de la salle de ce soir était proche de celui d'une moule (ou d'une poule si l'on se fie aux rires et aux remarques de mes voisines) et l'humour est par moment bien lourdingue. Il n'empêche qu'il y a une bonne dose d'autodérision et qu'on sent que le réalisateur et les acteurs se font plaisir.
 

The Visit (délicieusement malsain)

Becca chérie ? Tu veux bien entrer dans le four pour le nettoyer ?

Le  scénario, une sorte de Hansel et Gretel siphonné, n'invente pas l'eau chaude. Deux enfants (Becca et Tyler) sont envoyés passer une semaine en Pennsylvanie dans la ferme de leurs grands-parents. Sous ces airs de fausses vacances, les deux gosses vont essayer de rabibocher leur mère avec ses parents, brouillés depuis des années, en tournant un documentaire familliale. Malheureusement, il semblerait que si leur mère se soit brouiller avec ceux-ci, c'est pour une bonne raison...

Vous l'avez deviner, les vieux fermiers ne sont pas nets-nets. Ou peut-être est-il courant qu'un vieillard d'une soixantaine d'années porte des couches pour lutter contre des crises hémorroïdales et se prépare tout le temps pour une soirée habillée; ou que n'importe quelle vielle femme se mette à ricaner toute seule et avoir des absences... particulières. Maintenant ajoutez à ça le syndrome de l'état crepusculaire et c'est la totale.
Les victimes se sont ses pauvres enfants si innocents (ou pas), si... crispants ! Enfin non pas les deux, juste Tyler, le petit frère rappeur de Malefoy, un blondinet aryen balançant des rimes à tout-va, tout en prenant la pose devant la caméra (maladie qui semble contaminer les personnages secondaires, puisque ceux-ci se mettent à déclamer du Shakespeare devant la première caméra venue, vestiges disent-ils d'une carrière délaissée (?)). Mine de rien on est bien content de le voir se faire pourchasser lui et sa soeur sous les combles de la maison par leur grand-mère vêtue uniquement d'une chemise et d'un tablier (mais c'est pour jouer donc c'est OK).

A la différence de bien des found footage, l'histoire s'articule principalement autour de ces cinéastes en herbes, en fait comme dans beaucoup de ses films; autant donc vous dire que vous avez tout intérêt à apprécier rapidement Tyler Malfoy. Heureusement il y a les grand-parents, et là ça compense tout, il faut dire que les acteurs sont excellents, surtout la grand-mère. D'une manière générale les acteurs sont tous excellents, même Ed Oxenbould (seul son personnage est agaçant), mais mieux vaut profiter de la V.O. (j'y reviendrai). Ceci étant le scénario est classique et si le procédé du found footage lui permet de tirer son épingle du jeu, les connaisseurs se douteront rapidement du twist final (une mécanique chère à Shyamalan).

Mamy ?

Mamy ?

Dérangeant et malsain, mais à voir surtout en V.O.

Malgré quelques petits accrocs, je dois avouer que j'ai bien pris mon pied devant ce film. Si au final j'ai plus ri que frissonner, l'alchimie entre l'humour et l'angoisse donne un résultat dérangeant, inhabituel même, mais agréable. En revanche n'espérez pas une bande son symphonique grandiloquente signée James Newton Howard, mais plutôt une musique du domaine public complètement décalée, une ligne de piano épurée, un générique au thérémine et c'est tout.
Voilà, pas étonnant que les found footage coutent si peu cher, on vire la musique, l'équipe technique et toc ! Vas-y que j't'embrouille ! Encore que non, vu la qualité de la prise de son, du cadrage et des plans, on sent un bon gros degré de professionnalisme derrière la caméra.

Dernier point, même si vous n'êtes pas anglophones ou anglophiles, privilégiez plutôt la V.O, non pas que la V.F. soit de mauvaise qualité (les doubleurs ont tous déjà fait leurs preuves, c'est un fait), mais la synchronisation ou le manque de conviction des doubleurs au début est quelque peu génant. Plus emmerdant : le rap de Tyler prend un sérieux coup dans le cafton. Le jeune doubleur s'en tire avec les honneurs, mais les rimes sont quant à elles plus hasardeuses. En fait pour en profiter pleinement, mieux vaut le visionner en V.O, ce sera plus agréable et surtout carrément supportable.

 

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Publié dans le coffre à bobines, Films

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