Seul sur Mars (croire en la disco, tu dois)

Publié le par Mocking Crow

Seul sur Mars (croire en la disco, tu dois)

Christopher Nolan VS Ridley Scott

Depuis quelques années maintenant, Ridley Scott a décidé de réaliser un film par an et après un Exodus très... très... euh... bref, il a décidé de faire un petit retour aux sources avec Seul sur Mars. Mais voilà, il y a 11 mois sortait Interstellar, un film de S.F. qui a su faire parler de lui; et sans aller jusqu'à parler d'un quelconque héritage, on ne peut s'empêcher de les comparer un peu.
Bon en fait, Seul sur Mars est de la Hard Science fiction (utilisez un dico ou demandez à l'ami Google), prend place peu ou prou à notre époque et se veut réaliste, même si cela reste de la Science-fiction. C'est dingue, j'ai vu un panel d'experts de la NASA se pencher sur le scénario et souligner des bourdes avec un malin plaisir. Bordel, la S.F. laisse forcément place à une partie fictionnelle et une fois dedans on part sur des suggestions qui ne sont pas forcément possibles, mais ça tout le monde ne le comprend visiblement pas. 

D'ailleurs à ce niveau là, Interstellar avait d'excellentes idées scientifiques, la plupart fondées, même si l'on pouvait souligner pas mal d'invraisemblances. Dans Seul sur Mars, les personnages ne cessent d'utiliser un jargon scientifique et se cache derrière bon nombre de théories véritables (le film a quand même été réalisé en partenariat avec la NASA, c'est pas rien). Ceci étant j'ai beau de ne pas être un fin connaisseur dans les différents domaines scientifiques, je suis sûr qu'il y a un certain nombre de conneries dans le scénario, à commencer par le fait de pouvoir hacker le système orbital d'une station spatiale commandée par la NASA et prendre un contrôle totale en modifiant deux trois lignes de codes dans l'OS ultra-sécurisé et inaccessible de la dite NASA. Franchement ils sont forts ces astronautes.

La B.A. qu'on ne voit jamais au cinéma et c'est pourtant l'officielle

Vous voulez finir vos jours peinard ? La NASA recrute !

Mais concrètement, ça parle de quoi, me direz-vous ? Si vous ne sortez pas souvent Seul sur Mars, c'est un peu comme Seul au monde mais sur Mars... et sans Tom Hanks. A la place, on a Matt Damon qui, débarassé de son rôle de dégénéré dans Interstellar, est en excellente forme. En 10 minutes le scénario est posé, lors d'une expédition sur Mars d'une durée initiale de 31 jours terrestres, raccourcie brutalement à 18 jours, l'un des scientifiques est laissé pour mort. S'ensuivent commémoration, larmes, patriotisme américain et business, mais pas de chance, le bougre n'a pas clamsé, pire il s'accroche à la vie. Du coup la NASA qui aurait bien aimé masquer son erreur, se voit contraint de tout mettre en oeuvre pour le sauver. En attendant ce cher Matt Damon doit tout faire pour survivre: maintenir ses réserves, faire pousser des patates avec des coprolithes encore frais et entretenir la station de survie.
Pire, non content d'être maudit par l'univers entier, il hérite en plus de la playlist moisie et has-been de sa commandante. Quel bonheur pour lui d'écouter du disco pour se changer les idées à longueur de journée, heureusement qu'elle était pas fan de Doom Metal, sinon il se serait pendu au bout de trois jours.

Blague à part, le film est une réussite visuelle. Alternant paysages désertiques, nuits glaciales et virée orbitale, la photographie est un des points forts du film, au même titre que ses SFX. Le tout est desservie par une bande-son d'un Harry Gregson-Williams, sorti des sentiers battus et résolument novateur. Enfin, si la 3D n'a pas une place primordiale, elle n'en demeure pas moins très agréable et apporte son grain de sel dans les dernières séquences.

Si comme moi vous ne le saviez pas, le film est tiré de ce livre, vendu hyperboliquement par Douglas Preston.

Si comme moi vous ne le saviez pas, le film est tiré de ce livre, vendu hyperboliquement par Douglas Preston.

Pour la route, un casting de haute voltige

​Matt Damon, Jessica Chastain, Jeff Daniels, Sean Bean, Chiwetel Ejiofor et j'en passe, un paquet d'acteurs de renoms amplissant leurs rôles à la perfection. Parce qu'évidemment à la différence de Seul au monde on va pas voir Matt Damon aller chier, faire des châteaux de sable ou allumer un feu, Ridley Scott a compris que les spectateurs fuiraient la salle en masse, aussi a-t-il montré ce qu'il se passe sur Terre ou sur la station orbitale du reste de l'équipage de l'expédition. Tout les acteurs sont très bons, quelques figurants en fond des tonnes sur certains plans et à défaut de mourir, Sean Bean se fait virer de son poste et part jouer au golf dans une tenue des plus sexy.

Je ne vais pas m'étendre sur le film, d'une part ce serait dégoûtant, ensuite le film sort dans un peu moins de deux jours, de quoi vous faire rapidement une idée de la chose. J'ai honnêtement pris mon pied durant la projection, le film dure 2h20 mais honnêtement c'est prenant, l'ambiance est réussie, la tension bien fichue et, magré quelques bourdes, l'aspect scientifique de la chose tient bien la route. Un très bon film, que j'ai même préféré à Interstellar, bien que les deux oeuvres soient complètement différentes.

 

Licence Creative Commons
Cette critique du Mocking Crow est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International

Publié dans le coffre à bobines, Films

Commenter cet article