Crimson Peak (romance gothique, filtres et papillons)

Publié le par Mocking Crow

Crimson Peak (romance gothique, filtres et papillons)
  • Date de sortie: 14 octobre 2015
  • Réalisateur: Guillermo Del Toro
  • Acteurs principaux: Mia Wasikowska, Tom Hiddleston, Jessica Chastain, Charlie Hunnam
  • Compositeur: Fernando Velazquez
  • Genre: Fantastique, Drame
  • Nationalité: Américain
  • Durée: 2h
Crimson Peak (romance gothique, filtres et papillons)

Retour aux sources

Deux ans après le succès de Pacific Rim, Guillermo Del Toro revient sur le devant de la scène dans un genre qui lui colle plus à la peau: le fantastique. Fantastique pour adulte, évidemment, ce n'est pas pour rien si le film a été interdit aux moins de 17 ans aux E.U: ambiance globalement oppressante, apparitions inoppinées quoique prévisibles de fantômes très stylisés et violence visuelle et morale. Bref un film dans la lignée de L'Echine du diable et du Labyrinthe de Pan, aux influence burtonesques.

Le hic c'est qu'on ne sait pas vraiment ce sur quoi à miser Guillermo Del Toro, pas sur les fantômes, ça on n'a compris, c'est répété suffisament de fois dans le film par l'insipide Mia Wasikowska pour que ça rentre; pas plus que sur la dimension oppressante (voire horrifique selon les dfférents degrés de sensibilité). Non, apparement c'est de la romance gothique, point barre. C'est d'ailleurs sans doute pour ça que le film n'a aucune originalité côté scénario: un manoir hanté en ruine, une écrivaine médium mariée à la débottée avec un étrange baronnet, une sombre affaire d'héritage et une pianiste sérieusement dérangée, de quoi faire un sympathique film d'horreur à l'ancienne. Mais en fait non.

Restons branchés, soyons classiques

​En fait l'horreur, l'angoisse, l'oppressance (j'invente des mots et j'en ai rien à secouer), appelez ça comme vous voulez, on s'en fiche comme d'une guigne. Les traditionnels jumpscares sont aux rendez-vous accompagnés de leurs violons crispants et sont d'une prévisibilité à toute épreuve. Apparement ça a quand même fait son petit effet sur certaines personnes, puisque certains cinémas l'ont classé dans l'horreur. Si vous voulez avoir peur, n'allez pas voir ça c'est tout. Le réalisateur cible quand même un public adulte, ou en tout cas mature, parce que soyons réaliste, voir une personne se faire fracasser le crâne sur le bord d'un lavabo, ou se faire poignarder le visage sans censure n'est pas supportable pour tout le monde. Parce que oui, le film est un peu violent, surtout vers la fin où les jets d'hémoglobines et les bruits écoeurants sont légion. 
La relation entre les deux protagonistes n'a rien d'incroyable (une bête histoire d'amour), on a droit en prime à un amant passioné et une soeurette hystérique, sans oublier des mamans quelque peu revanchardes. 

Bahaha que c'est mièvre !

Bahaha que c'est mièvre !

Un bel emballage

​Par contre le film jouit d'une superbe esthétique, la photographie est excellente et les filtres utilisés à merveille. Peut-être un peu trop d'ailleurs. Si vous avez vu différents films du réalisateur, vous ne serez en ce cas pas surpris de retrouver son traditionnel filtre orange (Hellboy ou tout était dôré à la première occasion, tout comme Le Hobbit) qui ajoute dans le cas présent un côté vieille péllicule au rendu. De même son filtre bleu, cette fois utilisé de nuit dans ses films plus sombres et oppressants. Au final on a encore ces foutus filtres oranges et bleus très en vogues depuis quelques années déjà. Sauf que là, toute l'esthétique est magnifique: décors splendides, costumes impressionants et une photographie limite artistique dont seul Guillermo Del Toro a le secret.

Le hic c'est que c'est bien beau de soigner l'enveloppe, il faut que le contenu soit à la hauteur et malheureusement comme je l'ai dit, le film n'excelle en rien. Que ce soit le scénario bateau, l'histoire d'amour à l'eau de rose, le drame ou le fantastique, aucun des thèmes abordés n'offre un résultat satisfaisant. Pas de chance. A cela vient s'ajouter une B.O. on ne peut plus banale avec des violons larmoyants sur les moments neuneus, des violoncelles fiers d'apporter de la tension et des ostinati à overdose. C'est vraiment pas de cul, encore du commun.
Bon il faut quand même reconnaître que les acteurs sont bons, la platitude traditionnelle de Mia Wasikowska est contrebalancée par un Tom Hiddleston sobre, mais efficace. La seule qui tire son épingle du jeu est Jessica Chastain, qui incarne à merveille un personnage troublant, qu'on envie de baffer à chaque apparition.

Petite déception, même si cela reste un bon film fantastique, après à vous de voir si vous voulez regarder un film à l'esthétique particulièrement léchée, mais souffrant d'un manque cruel d'ambition. Ceci étant peu de productions ne semblent en avoir ces derniers temps, donc allez le voir si ça vous chante, ça vous évitera de chialer du sang devant Aladin ("Wahou ! Robin des bois était génial, j'ai bien envie de faire pareil. Voyons qu'est ce qui a pu marquer les jeunes... Mais oui c'est ça ! Va pour Aladin, ce sera un carton !" dixit Arthur Benzaquen).

 

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Publié dans le coffre à bobines, Films

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