Premonitions (Quand Seven rencontre Délivre nous du mal)

Publié le par Mocking Crow

Premonitions (Quand Seven rencontre Délivre nous du mal)
  • Date de sortie: 9 septembre 2015
  • Réalisateur: Alfonso Poyart
  • Acteurs principaux: Anthony Hopkins, Colin Farrell, Jeffrey Dean Morgan, Abbie Cornish
  • Compositeur: BT
  • Genre: Thriller, Fantastique
  • Nationalité: Américain
  • Durée: 1h41

Un projet vieux de 15 ans

Vous devez sans doute tous connaître Seven, au moins de nom. Pour ceux ou celles qui ne connaissent pas, Seven est un thriller de David Fincher, particulièrement dur mais ô combien réussi, à tel point qu'il a inauguré une nouvelle génération de thriller. Ce que vous ne savez probablement pas maintenant c'est Seven devait avoir une suite. L'ennui c'est que David Fincher n'était pas du voyage, pas plus que Morgan Freeman déjà occupé avec Le Masque de l'araignée, donc le projet tombe à l'eau... jusqu'en 2002. Le Studio New Line (qui a racheté les droits) réitère et donne cette fois un nom au projet Solace. Sauf que les réalisateurs choisis pour l'occasion déclinent tour à tour l'offre. Le projet est une nouvelle fois en stand by, qu'à cela ne tienne ! New Line retente sa chance 3 ans plus tard, sans aucun réalisateur cette fois, mais avec un certain Bruce Willis dans le rôle principal. Jamais deux sans trois, le projet tombe de nouveau à l'eau, à croire que le mythique Seven ne veut pas d'une suite.

Finalement c'est après la sortie du film d'horreur Le Rite, que le film trouve enfin son acteur principal: Anthony Hopkins qui s'est montré interesser par le scénario. Le réalisateur sera quant à lui un illustre inconnu: Alfonso Poyart, dont le thriller 2 Coelhos a exalté les critiques hollywoodiennes en 2011. Seulement au final, le projet est bien différent de l'idée de départ, puisque ce n'est plus une suite mais un film complètement indépendant: les personnages sont différents et le scénario n'a aucun lien avec Seven.

Duel au Sommet

Le film a bénéficié d'un gros coup de pub aux Etats-Unis, tandis que chez nous, bah il a été rapidement annoncé une semaine avant sa sortie et c'est tout. La seule chose qui semblait interessé les cinémas c'est la présence d'Anthony Hopkins et de Colin Farrell. Mais qu'en est-il du film ? Honnêtement, il est excellent. Mais ça ne plaira pas à tout le monde. 
C'est sombre, glauque et dérangeant dans bien des apsects. Si le scénario est efficace et plutôt original, la construction narrative ne l'est absolument pas. J'ignorais totalement la petite anecdote au sujet de Seven avant de visionner le film, pourtant je n'ai pas pu m'empêcher de le rapprocher de son illustre prédecesseur. La narration est basée sur le même structure... et la même qualité, en revanche l'histoire est loin d'être un vulgaire copié collé:

Un tueur en série aux intentions plus que troubles sème la confusion du FBI impuissant. Puisque les enquêteurs ont épuisé leur stock d'idées traditionnels, ils se tournent bon gré mal mal gré vers une solution paranormal en la personne de John Clancy, un médium qui les a déjà aidé par le passé. Bon vous avez peut-être déjà vu la bande annonce, donc ce ne sera pas une révélation (pourtant cette découverte arrive au bout d'une heure de film): après avoir analysé le dossier et s'être fait mené par le bout du nez, le médium découvre que le tueur est également un clairvoyant. L'ennui c'est qu'il est beaucoup plus doué...

Les meurtres sont minutieusement calculés, si la majorité sont propres et nets l'un d'entre eux est particulièrement macabre et fait davantage penser au thriller horrifique Délivre nous du mal. Ce ne d'ailleurs pas le seul point commun de ces deux films, les flashs incessants du médium ( qui pourront en lasser certains) rappellent les visions du sergent Rachie. Sans atteindre les mêmes sommets de violence, Premonitions n'est pas avare en scènes de meurtres ou de cadavres, mention spéciale pour la morte dans la baignoire. Cependant ces scènes jouissent d'une esthétique bien léchée, comme le reste du film en fait, avec une photographie très réussie, des contre-jours loin d'être dégueus et un filtre quasiment impalpable dans les visions.

Ah le symbolisme !

Ah le symbolisme !

Si dans l'ensemble le casting remplit sa fonction, Anthony Hopkins se démarque aisément du lot, au même titre que Colin Farrell. Avec son regard neutre et sa présence unique Anthony Hopkins est fidèle à lui-même dans un rôle taillé sur-mesure (comme quoi veillir réussi à certains). Colin Farrell qui intervient dans la dernière demi-heure (tard pour une tête d'affiche) joue impeccablement et avec charisme: pas de cabotinage dans un rôle qui pourrait facilement en donner la possibilité, ni le jeu d'une asperge.

Je tiends en outre à souligner la qualité de la bande-son. BT, ça ne me dis rien, pourtant je lui tire mon chapeau, la musique s'harmonise évidemment avec le film, un certain nombre de thèmes d'influence religieuses ressortent (normal pour un film où les tueurs se prend pour la main droite de Dieu) et les compositions ne cèdent pas à la facilité.

Echappant aux traditionnels clichés freudiens de ce genre de film, la fin tend même à poser une (petite) réflexion sur la souffrance et la fin de la vie. Nul besoin donc d'avoir 120 millions de dollars pour tenter de faire un film convenable, Premonitions réussit avec seulement 30 millions, comme quoi c'est encore possible en 2015.

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Une affiche bien spoilante

Une affiche bien spoilante

Publié dans le coffre à bobines, Films

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