Everest (La cruelle réalité de l'alpinisme et dans ta gueule Thilliez !!)

Publié le par Mocking Crow

Tout un programme

Tout un programme

  • Date de sortie: 23 septembre 2015
  • Réalisateur: Baltasar Kormakur
  • Acteurs principaux: Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, Josh Brolin, John Hawkes...
  • Compositeur: Dario Marianelli
  • Genre: Aventure, Catastrophe, Documentaire
  • Nationalité: britannique, américain, islandais
  • Durée: 2h02
     

Une publicité mensongère

En toute franchise, l'alpinisme n'est pas un sujet qui m'intéresse, ni que j'apprécie beaucoup d'ailleurs et je ne dis pas ça parce que mes seules connaissances dans ce domaine se limitent à Vertige de Franck Thilliez et le manga Le Sommet des Dieux de Jiro Taniguchi. Maintenant qu'est ce qui m'a incité à voir Everest, peut-être est-ce la grosse campagne publicitaire du film ou la bande annonce plutôt agichante ? Sans doute, en tout cas c'est ce qui fait que le film est présenté comme un gros blockbuster sur l'alpinisme. Autant être franc d'emblée, si vous partez avec cet état d'esprit vous serez déçus et même déprimés. En fait le film est basé sur une histoire vraie et retrace fidèlement (je pense) une tentative d'ascension du toit du monde ayant tourné au cauchemar. Mais plutôt que de romancer l'intrigue comme il est le plus souvent coutume dans ce genre de cas, le film se veut réaliste et à ce niveau là c'est réussi. Que ce soit pour les risques du métier, l'organisation ou encore les situation extrèmes, tout est présenté de la manière la plus réaliste possible.

C'est d'ailleurs là que le bât blesse, le film oscille constamment entre le documentaire, le guide de survie et le film catastrophe sans jamais vraiment se décider franchement. Alors certes, l'immersion est nickel (on peut presque sentr la morsure du froid et le vent nous balayer le visage) et les paysages sont un ravissement pour nos mirettes, sans compter que la 3D offre une profondeur de champ très agréable. Mais malgré ça, je me suis ennuyer à bien trop d'endroit pour avoir envie de le revoir. Après c'est un excellent film qui saura aisément trouver son public; dommage qu'il bénéficie d'une publicité mensongère:

  • De l'action haletante, une bande annonce et des affiches façon blockbuster. Un blockbuster, mon cul oui ! Le film est très réaliste et par extension cruel si vous connaissez la facheuse expédition de 1996. On en ressort avec un arrière goût amer, les larmes aux yeux pour d'autres (j'ai entendu les sanglots de quelqu'un à ma droite) et l'impression de s'être fait un peu entuber. En plus certaines scènes du trailer ne sont même pas dans le film !
  • L'alpinisme... sans moi. Ici la liberté rime avec la souffrance et les risques du métier sont présentés en tout objectivité, un bon point qui ne risque cependant pas de vendre du rêve vis-à-vis de la profession.
  • Contrairement à ce qu'ose dire ce cher Thilliez dans Vertige tout le monde ne peut pas grimper en haut de l'Everest que ce soit en 2015 ou en 1996. Certes c'est son personnage qui le dit, mais l'auteur l'a quand même pensé pour l'écrire, surtout que si l'on en croit ses dires, il faut prêter attention à chaque détail pour comprendre la fin de son bouquin mal écrit; donc, je prends ça comme son véritable ressenti sur la question. Eh bien ce film est un superbe contre-argument.

Un casting de folie et une bande-son... une bande-son

Curieusement le réalisateur a réuni un casting de fou furieux mine de rien: Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, Michael Kelly, Sam Worthington, Josh Bolin pour citer les plus connus. Aucun ne sort véritablement du lot, dotant qu'on peine à les reconnaître à travers le tenues ô combien charismatique d'alpiniste chevronné (quand leurs doublures ne prennent pas le relai); mais rien à redire sur leur jeu d'acteur. Mais à trop vouloir être un hommage aux victimes, on peine à s'attacher aux différents personnages: leurs petites vies et leurs amourettes eh bien... on s'en fiche pas mal, d'autant plus qu'elles trop rapidement présentées pour que être mémorisables. Mettre des acteurs de renom dans ces rôles ne nous fait pas gober la pilule plus facilement.


Mouais, bon la bande-son n'est pas véritablement un point remarquable du film. Si le thème principal (très atmosphérique) sort du lot, les moments tendus sont accompagnés par une quintette très classique, à savoir harmonie bateau et rythmes en croche à toute berzingue. Rien de transcendant donc... Ah si le thème de l'épilogue, très mélancolique, joué par un violon poussé dans les aigues sort très agréablement du lot également. Mise à part l'OST classique, l'immersion est parfaite, mais ça je l'ai déjà dit.
 

Everest... la Bande annonce signée Michael Bay

Que dire de plus... peut-être que les gens savent de moins en moins se tenir au cinéma: 3 sièges à ma gauche, super connard n°1 et son sac plastique utile avec en prime ses commentaires personnels de vieux bougon dans les blancs ! Un siège à ma gauche maitenant, super puriste et son cinéma silencieux ! Inutile de dire que le clash entre ces messieurs ne s'est pas fait attendre ! Enfin derrière super-connard n°2 qui n'a pas compris que le dossier du rang de devant ne sert pas de paillasson ! Enfin... à ma droite... Mamy Nova... bah oui on vieillit tous c'est comme ça.
Moralité, allez le voir si vous aimez l'escalade, l'Everest et les docus Arte, en prenant soin de ficeler vos voisins.

 

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Publié dans le coffre à bobines, Films

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