L'instant Manga #2: Gantz

Publié le par Mocking Crow

L'instant Manga #2: Gantz

Violence, sexe, encore violence, ammoralité, toujours VIOLENCE !!

Il y a deux jours j'avais publié un truc sur l'un de mes shonen préférés, voici maintenant mon Seinen préféré. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce type de manga est plutôt destiné aux adultes et aux jeunes adultes, souvent de sexe masculin (par opposition au josei, dédié au sexe féminin de la même tranche d'âge). Plus réaliste, plus cruel et prenant souvent les codes du shonen à rebrousse poil, les seinen sont plus difficilement abordables pour un public non initié.
Gantz est un seinen. Mais un seinen susceptible de plaire au plus grand nombre par son sens de la mise en scène, le manga étant jalonné de scènes de baston, comment dire extrêmement violentes:

 
Le quotidien des héros

Le quotidien des héros

Les personnages sont en outre très réalistes, laissant passer leurs intérêts avant toute chose et ayant des paroles (voire des pensées) souvent crues. C'est simple, à l'intar de Game of Thrones, les personnages aux intentions les plus nobles ne sont pas les mieux lotis. En outre les thèmes abordés sont souvent très sombres (la vie, la mort, la religion, l'argent...) et nécessite une seconde lecture pour éviter les mauvaises interprétations. Bien sûr, on peut aussi lire le manga sans se poser de questions et parcourir l'histoire en un temps reccord, le rythme étant effréné et le suspens haletant. Comme ce n'est pas un shonen, il y a aussi un certain nombre de passages érotiques: les plans nichons, nus ou les scènes de cul ne sont pas censurés et on voit tout vachement bien... De plus l'auteur semble apprécier les filles en petite tenue (le coquin), ce qu'il dessine non pas dans l'histoire, mais dans les pages de couverture de chaque chapitre. Elles ont même été compilées dans le 38ème tome de la saga (databook) dans un chapitre dédié.
 
Le mangaka Hiroya Oku n'en était pas à son premier coup d'essai, puisqu'il avait déjà quelques séries aux thèmes bien hardcore auparavant, notamment Hen (jamais publié en France, on se demande pourquoi...) explorant les relations amoureuses homosexuelles et hétérosexuelles. Toutefois, avec 37 volumes au compteur, une adaptation animé et deux adaptations live (j'y reviendrai), Gantz est à l'heure actuelle le Jupiter de son Oeuvre.
 
Quant au scénario, ben à vous de juger: Kei Kurono (héros n°1), lycéen obsédé et égocentrique, rencontre par hasard Masaru Kato, un ami d'enfance, dans le métro qui le contraint à faire un geste héroïque: sauver un clochard tomber sur la voie, devant l'indifférence feinte des badauds. Malheureusement pour eux, le métro les tronçonne salement, tandis que le clochard est sauvé. Voilà.
C'est pas fini, les deux protagonistes se réveillent dans une pièce d'appartement avec vue sur Tokyo, emplie de bonshommes aussi largués qu'eux et au milieu de laquelle se trouve une sphère noire, Gantz. Sont-ils morts ? Oui bien sûr, mais ils ont été sélectionnés par Gantz pour accomplir des missions pour lui, consistant à trucider des aliens dans un lieu bien défini et avant la fin du temps imparti. Les aliens sont variés et leur puissance diffère selon l'ancienneté du gantzer et son nombre de points. Ces points sont acquis comme dans un jeu vidéo, à savoir en trucidant le plus d'aliens possibles et si possible le ou les boss. Une fois un total de 100 points atteints, le gantzer peut:
  1. quitter Gantz, en contreparti ses souvenirs seront également supprimés
  2. obtenir une arme spéciale (le H Gun)
  3. réscussiter quelqu'un sauvegardé dans la mémoire de Gantz

​En fait une fois la mission terminée, les personnages peuvent retourner dans la réalité, même si ils sont soit déclarer mort, soit remplacé par un clone, soit... rien du tout (ça dépend des personnes, ça j'ai pas compris). Pour vaincre les aliens, Gantz met à disposition des "joueurs" une tenue leur augmentant toute leurs aptitudes physiques (et détruisant leur amour propre), des armes spéciales et... une bombe dans la tête, pour pas que ces andouilles tentent de fuir ! Autre particularité, une fois dans la mission, les gantzers ne sont pas visibles par les gens ordinaires, tout comme les aliens (du moins au début), par contre les dégâts le sont bel et bien, il est donc cocace de voir des badauds se promener d'un air hébaï au milieu d'un champ de bataille (la mission des bouddhas, véritable boucherie, en est un belle exemple).

Quelques boss sympas
Quelques boss sympas

Quelques boss sympas

Bon je vais éviter d'en dire plus pour ne pas spoiler, puisqu'il faut savoir que les règles se modifient, les personnages se multiplient et la barrière entre le bien et le mal est secouée comme un prunier. Autant d'éléments qui viennent enrichir la trame principale. Cette dernière laisse d'ailleurs beaucoup de questions en suspens et ce n'est pas la fin en mode "ehey ! Vous l'avez dans le cul" qui viendra éclairer votre lanterne. Cette fin a suscité bien des réactions du côté des fans, mais s'harmonise parfaitement avec le manga, qui au fond est conçu comme un jeu vidéo, aussi la fin donne à peu près ça:
J'ai l'impression de m'être fait entuber sur ce coup là...

J'ai l'impression de m'être fait entuber sur ce coup là...

En fait si vous ne connaissez pas Gantz je vous incite vivement à lire ce chef-d'oeuvre, la cruauté rime avec le plaisir (littéralement d'ailleurs) et les scènes de baston sont juste géniales. Par contre ayez le coeur bien accroché, les démembrements sont légions, tout comme les éviscérations et les membres explosés. Pas de censure, on en prend plein les mirettes. 
Petite particularité du dessin, celui-ci est très bien fichu, rien à redire là-dessus, mais la spécificté concerne les aliens. Ces derniers ont été préalablement réalisés via un logiciel d'images de synthèse (peut-être Blender) et incérés dans les planches, d'où leur apparence très particulière. 
Le manga est quant à lui cher, comptez 9,35 euros pour chaque tome. Aïe, d'autant plus que chaque manga possède à peine 200 pages ! Privilégiez l'achat sur Internet ou les emprunts en bibliothèque, sinon ça va faire mal au portefeuille.
 
L'animé de Gantz s'étend sur deux saisons: 1rst Stage et 2nde Stage. Il est de très bonne qualité mais la première saison a été victime d'une censure. Les réactions des fans ayant été virulentes, la production a décidé de tout montrer dans la seconde. En outre l'animé ne s'arrête qu'au 8ème manga, reste à savoir comment un total de 26 épisodes a pu être créé rien qu'à partir de ça.
Les adaptations live divisent, je ne les ai pas (encore) vu, je ne peux donc pas pleinement jugé; toujours est-il que la psychologie des personnages a été édulcorés et les scènes de carnage allégées. Sans compter que la première adaptation a essayé de synthétiser les 8 premiers tomes en 2h, tandis que la deuxième a visiblement tenté de faire le double en seulement 10 minutes de plus. Chapeau, si ça marche, c'est génial, si ça foire, ça pourrait faire un film d'action sympatoche dans le meilleur des cas, ou un gros navet.
J'ai récemment fait l'acquisition des deux volets cinématographiques, je dirai ce que j'en ai pensé après les avoir visionné...
Un film d'animation 3D en image de synthèse (apparemment plus fidèle au manga que les films live) est prévu pour 2016 (au Japon). Le moins qu'on puisse dire c'est qu'il a pas l'air mal du tout graphiquement, reste plus qu'à espérer que ça donnera pas un résultat similaire à Saint Seiya : la légende du sanctuaire...
Allez pour la route:
 
Sexe !!

Sexe !!

Violence !! EEEEETTTTTTT...

Violence !! EEEEETTTTTTT...

Panda ??? Élu meilleur gantzer de 2012

Panda ??? Élu meilleur gantzer de 2012

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