L'instant Manga #1: Bakuman

Publié le par Mocking Crow

Bienvenue dans l'univers du manga

Bienvenue dans l'univers du manga

Takeshi Obata et Tsugumi Oba sont sur un bateau...

​Premier instant manga et j'espère pas le dernier, la rubrique dédié aux mangas récents, comme anciens (mais pas trop). Quoi de mieux de commencer par un manga sur... les mangas. Aussi stupide que puisse paraître l'idée, Bakuman est un excellent Shonen (manga pour ados, mais pas que), réalisé par le duo Obata/Oba, les auteurs de Death Note. 
Takeshi Obata c'est le dessinateur, en fait dans tous les mangas dans lequel il a collaboré il s'est toujours occupé de la partie dessin, laissant la partie histoire à divers scénaristes.
Le mystérieux Tsugumi Oba est quant à lui le scénariste, si sa carrière est moindre que celle de son partenaire, certains tendent à penser que son nom de plume cache celui d'un scénariste célèbre, voire d'un dessinateur. Piqué au jeu, le scénariste n'a cessé de mystifier la chose depuis le succès de Death Note, affirmant entre autre qu'il ressemble à la fois à L pour la posture d'écriture, à Near physiquement et à Light pour ses capacités d'adptation. De quoi amorcer rumeurs les plus folles dont sont si friands les internautes.

Un manga sur les mangas au pitch de départ un peu WTF

En fait c'est même plus que ça, c'est un manga sur le monde des mangas allant de l'élaboration d'un manga, à sa publication en série dans le Jump, en passant par les conditions de travail, le fonctionnement des bureaux du Jump, le travail des éditeurs... Evidemment tout ça serait bien chiant sans une histoire d'amour à l'eau de rose ou deux, de la rivalité et de la baston. Nan, pour la baston, vous pouvez vous brosser, c'est un shonen, mais cela se veut le plus réaliste possible (même si c'est un peu utopique par moment), donc pas de combats avec des plumes et des jets d'encre entre les mangakas et les assistants, ni de coups spéciaux débiles à la Prince of Tennis. 
Non, n'insistez pas. Même si les affiches semblent indiquer le contraire, Mashiro et Nizuma ne vont pas s'en foutre sur la gueule.

Non, n'insistez pas. Même si les affiches semblent indiquer le contraire, Mashiro et Nizuma ne vont pas s'en foutre sur la gueule.

Ceci étant dit, l'histoire suit celle de Mashiro Moritaka, un jeune collégien à la tête aussi vide qu'un melon mais très doué en dessin, follement amoureux d'une fille de sa classe. Mais voilà, Mashiro nous fait son Peter Parker et n'a pas le courage de lui déclarer sa flamme ardente qui le consume. Jusqu'au jour où ce benêt oublie son cahier, dans lequel il avait dessiner la tête de Miho Azuki (c'est le nom de la fille) et tombe sur Akito Takagi, en train de feuilleter négligemment (durant une bonne heure après la fin des cours soit dit en passant) le précieux ouvrage. Son secret étant découvert, Moritaka s'empresse de lui coller un flaming kick sous la machoire et récupérer son bien... en tout cas dans la fan fiction de Takeshi Konomi !
Comme je l'ai dis, il n'y a PAS de baston, mais vous pouvez rêvez avec ça. Bref, Akito Takagi lui rend son cahier en essayant de le faire chanter, non pas en déballant tout à Miho, mais l'obligeant à créer un manga avec lui. Oui, parce que Takagi n'est pas n'importe qui, il a eu quelques prix d'écrivains en herbe et est le premier de la classe ! Du coup lui s'occupera du scénario, tandis que Moritaka fera le dessin. Après quelques grommellements, Moritaka accepte surtout après que Takagi lui ait donné rendez-vous devant chez Miho Azuki, non pas pour l'enlever, mais pour que les deux amoureux se rencontrent (chose incroyable la fille aussi est amoureuse). Après plusieurs blancs, Miho avoue vouloir devenir doubleuse pour animé (c'est presqu'une religion chez les nippons... et d'une bien meilleure qualité que chez nous). 

L'amour et Moritaka c'est un truc qui colle pas, aussi lui demande-t-il non pas de sortir avec elle comme n'importe qui le ferait, mais: "Si nous arrivons à réaliser notre rêve, accepteras-tu de m'épouser ?" (??). Le pire c'est que sa copine accepte, à condition (tenez-vous bien) qu'ils ne se voient plus jusqu'à l'accomplissement de leurs rêves (???) ce qui fait qu'ils ne se fréquenteront pas, auront une relation à 300% platonique et resteront vierges avant de se revoir pour le grand baiser.
C'est ainsi que le duo Mashiro/Akito se lancera dans la folle création d'un manga à succès et découvrent l'univers de l'édition manga japonaise. Ils se lieront d'amitié avec bien des mangakas, notamment Eiji Nizuma, un génie de 15 ans, complètement déjanté.
Une galerie de persos attachants
Une galerie de persos attachants
Une galerie de persos attachants

Une galerie de persos attachants

Les personnages sont attachants, leurs relations bien développés et le scénario regorge de petites surprises les concernant. Outre Eiji Nizuma, on retiendra le kafkaïen Kazuya Hiramaru, aux ambitions encore plus WTF que celui des protagonistes. Chacune de ses apparitions est juste grandiose et apporte une bonne grosse dose d'humour dans le scénario. 
Les retournements de situation sont nombreux, ce qui fait qu'on ne s'ennuie jamais durant la lecture des 20 tomes qui constituent le manga. Le seul mystère qui reste en suspend c'est pourquoi "Bakuman" ? Ce n'est pas une série fictive et cela ne désigne rien de particulier, mais comme pour "Bleach" peut-être faut-il deviner le pourquoi... 

Des références et des clins d'oeil

Puisque la thématique principale se trouve être les mangas, les références aux séries ou aux personnalités sont nombreuses. Que ce soit les mangakas renommés, les membres éminents du Jump, ou les références à la culture populaire japonaise, le manga n'est pas avare en quantité, sans pour autant basculer dans la promotion indigeste. A ceux-ci viennent s'ajouter une foultitudes d'oeuvres fictives, mais pas non plus si détachés que ça de la réalité. Si les mangas du duo Ashrogi Muto (nom de plume des deux protagonistes) n'existent pas, force est de constater qu'il y a souvent un équivalent dans la réalité: PCP a quelques points communs avec Skate Dance, de même TRAP ressemble à Neuro, le mange-mystères et La légende des super-héros maintes de fois mentionné, à Tottemo ! Luckyman (surtout en terme de dessin)... La liste est longue, donc allez plutôt voir sur Wikipédia et commencez le puzzle.
Un exemple parfait des séries fictives

Un exemple parfait des séries fictives

Les mangas ne sont pas bien épais (environ 200 pages chacun), mais sont bien chargés en texte et ont l'avantage de ne pas être cher (6,95 euros). Edité par Kana, chaque manga dispose de quelques pages couleur en début de volume et le papier est de bonne qualité. Le dessin est (évidemment) d'un excellent niveau, on saluera au passage la capacité du dessinateur à changer de style de dessin en fonction de la série de chaque mangaka. 
La série eut un tel succès qu'une adaptation en animé a vu le jour avec trois saisons au compteur. Apparemment une adaptation live (en film avec de vrais acteurs) est en préparation et prévue pour le 3 octobre 2015 au Japon.
 
​Bakuman est quasiment mon shonen préféré (si tant est qu'on puisse choisir parmi le monceau de mangas existants), la série est terminée, la fin n'est pas trop cucu et la conclusion à l'image du reste du manga. On serait presque tenté d'en demander encore. Les personnages sont très humains, on suit leurs déconvenues et prend plaisir à les regarder évoluer dans la société japonaise. De plus, on en apprend énormément sur les coulisses de la création du manga. En somme un excellent Shonen permettant à n'importe qui de tenter le grand plongeon dans le monde du manga.
 
 

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