Kung Fury (Kitsch, baston et WTF)

Publié le par Mocking Crow

Retro et tellement kitsch

Retro et tellement kitsch

  • Date de sortie: 28 mai 2015
  • Réalisateur: David Sandberg
  • Acteurs principaux: David Sandberg, Jorma Taccone, Leopold Nilsson, David Hasselhoff
  • Compositeurs: Beaucoup de monde
  • Genre: Comédie, Arts martiaux
  • Nationalité: IKEA
  • Durée: 31 minutes
Financé par le site participatif Kickstarter, le court métrage Kung Fury a fait une entrée bien trop discrète à mon goût en mai dernier: seulement 19 millions de vues et des brouettes sur youtube ! Trop peu pour un tel chef d'oeuvre ! 
Et oui vous avez bien lu, sur youtube, le court-métrage a été directement uploadé sur internet, donc pas besoin de payer, ni d'aller sur quelque obscur site de streaming vidéo; c'est beau, c'est gratuit, c'est 30 minutes de délire assummé, bref c'est Sofinco Kung Fury.

Servi sur un plateau, faites vous plaisir

Plus 80's que les années 80 elles-mêmes

Rarement un film n'aura été si kitchissime et en même temps aussi magistral. Comme pour Diamond in the Firepit on retourne dans les années 80 mais cette fois-ci en vidéo. Bardé de références et d'hommages en tout genre aux films des eighties, Kung Fury reprend tous les codes, l'esthétique et la trame de ces derniers; au programme: voyage dans le temps, partenaire, transcendance du héros et méchant incapable de mourir.
Parmis les nombreuses références on trouvera Retour vers le futur, Tron, K2000 (avec un caméo de David Hasselhoff), Superman, tous les films de Bruce Lee et une scénette façon Monty Python sur la moustache aryenne. Une foule de clins d'oeil au monde vidéoludique avec le Power Glove, les bornes d'arcade, Street of Rage et Mortal Kombat dans une formidable séquence de baston en scrolling horizontal, expliquant de manière très réaliste pourquoi les nazis ont perdu la guerre. Quelques références aussi à Musclor et G.I. Joe, dans un moment totalement WTF. Fort de ces éléments le scénar s'annonce incroyable n'est-ce pas ? A vous de juger:
 
Le scénario est un joyeux melting pot de tous ce que les nanardeurs professionnels n'ont jamais osé faire (parce que faut pas poussé, même pour les années 80, il y a des choses qui se vendent et d'autres pas.). Plus qu'un nanar volontaire, le scénario et les personnages sont complètement nawak, c'est simple c'est comme si Godfrey Ho, Joseph Lai s'étaient unis pour écrire la trame et avaient laissé champ libre au studio Asylum pour en faire un film. Résultat, un White Fire sous dopamine totalement surréaliste.
Trève de bavardage, voici une esquisse du scénar, pour ceux qui hésitent encore visionné la bête juste au-dessus du paragraphe. Kung Fury détective au MDPD et maître du Kung-Fu suite à un accident impliquant de la foudre et un cobra, se voit contraint de retourner dans le passé  (en surfant sur un Amstrad) pour tuer Hitler (dit Kung Führer), un criminel spécialiste des arts martiaux essayant de créer une armée de ninja. Rien que ça et en 30 minutes seulement madame ! 30 minutes hautement concentrées en absurdité en tout genre: c'est le seul film où vous pourrez voir Hitler affronter un T-Rex et Thor (celui des vikings) dans les années 40. Parce qu'évidemment il y a quelques péripéties, sinon on s'ennuirait bien sûr.
 
Les personnages sont haut en couleur, mention spéciale pour le nouveau partenaire de Kung Fury, les acteurs sont bons, surjouant quand il faut ou manquant totalement de conviction dans les moments dramatiques (le petit Oh no ! du hacker est juste génial) et l'esthétique en vieille VHS fait mouche. L'image est baveuse et la bande saute par moment, bref l'âge d'or des magnetoscopes, avec néanmoins une petite touche contemporaine.
En outre, le film est en anglais mais les sous-titres sont dans toute les langues, pas de problème de ce côté, surtout qu'ils sont plutôt soignés: en français les jeux de mots sont bien retranscrits et la staff corrige les erreurs signalées. Par contre les sous-titres anglais ont la fâcheuse tendance à se décaler sur la fin.
Pour la virilité et la vraie version c'est à droitePour la virilité et la vraie version c'est à droite

Pour la virilité et la vraie version c'est à droite

Une bande Son du même niveau

La bande son colle parfaitement au court-métrage que ce soit dans les bastons, la présentation des personnages façon vieux feuilleton et le générique d'intro à la Alerte à Malibu. Ne passez en revanche pas à côté de la musique du générique de fin True Survivor au clip totalement déjanté où tous les personnages du film ont décidé de régler leur compte dans une ruelle de banlieue. La chanson est interprété par David Hasselhoff qui ne démérite pas et montre... ben, qu'il en a encore dans le coffre malgré ces 63 ans.
Pour rappel David Hasselhoff c'est ça (la qualité est dégueulasse je sais):

Ohohoh mais que c'est ringard ! Notez ces magnifiques incrustations des acteurs et cette séquence de vol façon L'homme puma.

C'est sûr, difficile de refaire un truc du genre maintenant. Du coup ça fait un petit choc lorsqu'on le voit si sérieux et bad-ass dans True Survivor. Le clip reprend l'esthétique du film  en y incluant par la même occasion quelques extraits de celui-ci et personnalise la scène d'introduction ainsi que la ballade en dino. C'est sympa et ça fait une bonne bande annonce:

Merci la doublure lors de la démonstration de kung-fu du début. Mais pourquoi avoir repeint K2000

En définitive c'est simple, foncez (si ce n'est pas déjà fait) ! Et partagez le, rentabilisez les 630 000 $ investis dans le projet.
A noter: le film a été diffusé en avant-première à Cannes et a été très bien accueilli, finalement ils ne sont pas si coincé que ça...
C'est ça à la revoyure l'ami

C'est ça à la revoyure l'ami

Publié dans le coffre à bobines, Films

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