Spy

Publié le par Mocking Crow

Ou les aventures de Mami Nova

Ou les aventures de Mami Nova

  • Date de sortie: 15 Juin 2015
  • Réalisateur: Paul Feig
  • Acteurs principaux: Mélissa McCarthy, Jason Statham, Jude Law, Rose Byrne, Miranda Hart, Bobby Cannavale
  • Compositeur: Theodore Shapiron
  • Genre: Comédie, Action
  • Durée: 2h00
Un film sorti depuis un petit moment à l'instant où j'écris ces lignes, mais néanmoins un bon cru pour un film du genre, permettant de passer un moment fort agréable.
La B.O. sur laquelle je reviendrai:

Dernière production du réalisateur de Mes Meilleures amies, Spy se veut être une parodie des films d'espionnage. Doté d'un super casting, d'une bande-son de tout les diables et d'un humour ravageur, le film ne délaisse pas pour autant les scènes d'actions qui ont fait la gloire des grands films d'espionnage. Très jamesbondienne dans l'âme, mais avec une influence Kick-ass prononcée (sous entendant ainsi violence et humour bien dosés) ces dernières dynamisent considérablement le film, procurant un véritable bonheur pour nos mirettes et abandonnent au bac à sable (entre autres) les Johnny English ou tout autre Y a-t-il un flic pour sauver la reine ?
Un pitch peu original au service d'un humour destructeur
On suit donc la petite vie de Valérie Damidot… pardon Susan Cooper, ou serait-ce plutôt Abby Morgan ou Amber Valentine ? N'importe ! Cette jeune femme aux atouts féminins non négligeables donc, analyste dans les sous-sols insalubres de la CIA, est la seconde du sous-James Bond, Bradley Fine (Jude Law) dans ses missions de terrain, par le biais d'une oreillette. Amoureuse du bel espion, elle n'hésite pas à proposer ses services lorsque celui-ci simule sa mort au bout de 15 minutes de film face à la redoutable, mais néanmoins pouffiasse Rayna Boyanov (Rose Byrne). Le scénario n'est pas original pour deux sous: une histoire de bombe atomique miniature et de trafiquants, la particularité ici réside dans les personnages du film. Prenant les traditionnels parodies et autres films d'espionnage à contre-pied avec une espionne qu'en apparence rien ne prédestine dans cette voie, la boulotte aura rapidement l'occasion de montrer qu'elle a suivi un entraînement poussé dix ans auparavant sous l'égide de son mentor et associé Bradley Fine. Baston dans la cuisineDès lors l'héroïne misogyne s'en va casser des gueules à tour de bras et s'en donne à cœur joie, notamment dans une fantastique scène de baston dans une cuisine de Budapest alliant ralentie et mouvements classieux, ponctuée par quelques moments un poil trashouillard.
Mais la vraie force de notre héroïne préférée c'est incontestablement sa répartie et sa verbe. Une fois la seconde partie du film amorcée, soit lorsque Abby Morgan devient Amber Valentine, Mélissa McCarthy se lâche littéralement et insulte telle Nadine Morano, tout les figurants qui passent à sa portée, et de manière très fleurie soit dit en passant puisque chaque nom commun se voit doté d'un ou des adjectifs peu reluisants et de formules plus ou moins subtiles. Ah vous en apprendrez de belles, c'est sûr ! L'humour de ce film est très décomplexé : graveleux, sexiste, potache voire franchement scato (j'espère que vous ne craignez pas de voir l'artillerie frontale de certains messieurs), il y en a pour tout les goûts, peut être même jusqu'à la nausée par moment, même si les salles en proie aux fous rires de ses cinéphiles prouvent le contraire.
La classssaha ! Non je regrette c'est impossible, surtout en scooter

La classssaha ! Non je regrette c'est impossible, surtout en scooter

Yahoo ! Quel casting !
Autre atout du film son casting : Jude Law, Jason Statham (mouarf mouarf), Melissa McCarthy, Rose Byrne, Curtis « 50 Cent » Jackson (dans son rôle)… Une sacrée équipe ! Sachez cependant que seules les rôles féminins comptent réellement dans le scénario, les hommes sont juste de parfaits crétins, sexistes et hautement abrutis. Mais avant de se concentrer sur les têtes d'affiches, on va regarder en bas de l'échelle. Quel ne fut pas ma surprise de retrouver le « Private Lahmstache » (Björn Gustafsson) de Kung Fury (la critique arrive bientôt), une fois encore dans un rôle de nabot au charisme d'une moule et au tempérament d'un cocker psycho-dépressif, et une fois encore tué comme une merde. Son apparition est plus que sympathique et insiste clairement sur le statut de la gente masculine de ce métrage. A présent, rappelez-vous j'ai mentionné un peu plus haut dans le pitch que Jude Law simulait sa mort… « spoiler ! » diront certains, « abruti(e)s » je leur réponds. Comment une tête d'affiche peut mourir au bout de 15 minutes, soyons sérieux ?! Oh surprise ! Il réapparaît au bout d'1h30, je suis aussi surpris qu'une surprise surprise.
De toute façon il ne nous manque guère avec sa manie de se recoiffer après chaque baston ou coup de vent façon James Bond. Un autre agent Aldo suit cette tendance, agent obsédé qu'on a d'ailleurs tôt fait de surnommé Pépé le putois, ou plutôt Nonino il puzzola ou Grand dad the polcat… (au final on ne connaît pas sa vraie nationalité, ce pervers nous laisse avec plaisir dans le flou dans sa dernière intervention) ? N'importe à la différence des personnages, on se fiche pas mal des noms, pourtant nombre de dialogues sont centrés sur les problèmes liés aux identités multiples des agents… ou du personnel, lors de la séquence de l'avion par exemple. A noter aussi que cette manie de se recoiffer touche aussi Rose Byrne (un virage à angle droit dans sa carrière après Insidious 1 et 2, mais rassurez-vous elle prend tout aussi cher dans ce film), qui rejoint plus la caste des personnages stupides une fois sa vrai nature révélée.
Gnéhé ! Le benêt... Remarquez, c'est le seul mec à ne pas avoir de problèmes de brushing

Gnéhé ! Le benêt... Remarquez, c'est le seul mec à ne pas avoir de problèmes de brushing

On en oublierait presque Jason Statham, qui pour une fois prend un rôle qui colle plus avec sa gueule, car monsieur à tout pour être l'espion raté avec son front bas et ses yeux de merlans frits. Doté de deux bras gauche, ratant quasiment tout ce qu'il entreprend et vantant ses exploits pour la plupart imaginaires, sa présence à l'écran est magnifique, on ne voit tout simplement que lui ! Pourtant sa crétinerie ne l'empêche pas de briser des nuques et soulève quelques questions quant au recrutement de la CIA. Apparemment l'agence est prête à fermer les yeux sur le QI désespérément bas de ces agents pourvu qu'ils aient de gros muscles et des réflexes de ninja.

Des incohérences et des faux-raccords
Remarquons aussi que la CIA connaît la crise et à décider de laisser ses locaux dépérir pour laisser s'installer rats et chauves-souris dans la charpente des bureaux, ressemblant d'ailleurs plus à un parking souterrain réaménagé pour l'occasion. Le film n'est pas non plus exempt de faux-raccords en tout genre, en effet, les personnages ont souvent des verres d'alcool entre les mains et ces derniers ont tendance à varier considérablement en quantité d'un plan à l'autre. J'ai pu aussi noter quelques plaques d'immatriculation identiques sur différents véhicules, alors que l'action se passe dans des pays différents qui plus est ! Mais cela ne coupe pas au plaisir procuré par le film surtout son grand final aussi tordant que spectaculaire avec ses cris à rallonge, ses moments WTF et ses affreux flous cachant probablement un fond bleu dégueulasse lors de la scène de l'hélico.
La B.O. parlons-en
Concentré survitaminé de stupidité, le film se devait d'avoir une bande son à la hauteur afin de se prêter à chaque situation. Force est de constater que le compositeur a fait du très bon travail dans ses compositions personnelles, c'est dynamique, bien en place et agréable, mention spécial pour cette petite ritournelle italienne à la guitare conclut quasiment à chaque fois par une phrase cassante des protagonistes. En outre le film est aussi constitué d'une playlist assez fantaisiste d'artistes en tout genre, parmi lesquels on retiendra l'introduction (Who can you trustn'ayant rien à envier à celles des James Bond (même s'il n'y a pas de femmes nues), portée par la voix suave et puissante d'Ivy Levan.
 

En résumé, une très bonne pioche que je ne vous saurez que trop vous conseiller d'aller voir, c'est simple voilà bien longtemps que je n'ai pas entendu une salle rire autant devant un film. La scène finale vaut pratiquement à elle seule le visionnage du film.

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Désolé mamy nova, même en or ça marche pas.

Désolé mamy nova, même en or ça marche pas.

Publié dans Films, le coffre à bobines

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