Imaginaerum (le film)

Publié le par Mocking Crow

Imaginaerum (le film)
  • Date de sortie: 10 novembre 2012 (Finlande)
  • Réalisateur: Stobe Harju
  • Acteurs principaux: Marianne Farley, Quinn Lord, Francis X. Mc Carthy, Joanna Noyes, Ikka Villi
  • Compositeur: Petri Alanko, Nightwish (Tuomas Holopainen)
  • Genre: Fantastique, Drame, Musical
  • Nationalité: Finlande, Canada
  • Durée: 1h26
Première critique du blog, l'occasion de commencer par un film quasiment inconnu et pour cause, il s'agit d'un film finlandais à la génèse un peu particulière. Afin de mieux s'immerger dans l'ambiance si particulière du film voici la B.O. (attention vous devez avoir un compte sur Spotify et sachez au passage que la piste 11 a été coupée par un margoulin inconnu).

Génèse du projet
Vous n'avez sans doute jamais entendu parler de Stobe Harju, illustre inconnu en France, dont la filmographie se réduit au nombre incroyable de un film: Imaginaerum. En revanche si vous connaissez un peu mes goûts musicaux, vous saurez que j'apprécie particulièrement un groupe de métal Symphonique finlandais appelé Nightwish. Si vous croisez les infos maintenant vous aurez compris que je vais présenter un film réalisé en partenariat avec mon groupe préféré. Pour la petite histoire (je sais que vous aimez les histoires), Stobe Harju n'est pas un réalisateur en tant que tel, mais un producteur de vidéos avec qui le groupe avait travaillé pour le clip The IslanderL'idée de départ était de réaliser un clip pour chacune des 13 chansons de l'album Imaginaerum (sorti un an auparavant en 2011). Finalement le scénario étant assez développé, il fût convenu de faire un film entier plutôt que quelques clips distincts. Dôté d'un budget de 4 millions d'euros, d'une durée approximative d'1h20 (sans les crédits) et d'un visuel travaillé, le film est plutôt réussi, mais pèche par certains aspects.

 

Quid du scénario ?
Sans inventer l'eau chaude, l'histoire est sympathique et assez mélancolique. En fait, l'histoire est la même que celle de l'album concept Imaginaerum (mentionné dans le paragraphe précédant) en plus développé bien entendu. On suit ainsi un vieux compositeur, Tom, sénile et arrivé au crépuscule de sa vie. Ayant régressé vers l'enfance, ses souvenirs de sa vie adulte sont enfouis profondément dans son esprit, la seule chose qui lui reste est l'imagination d'un garçon de 10 ans. En tombant dans le coma, il voyage dans le passé où ses souvenirs se mélange au monde fantastique de son enfance et ses vieux démons, lesquelles prennent tour à tour l'apparence de son père disparu lorsqu'il avait 10 ans et... d'un bonhomme de neige (Oh je ne veux pas d'un bonhomme de neige !!). En parallèle, sa fille devenue adulte essaie vaille que vaille de renouer les liens qui l'unissaient avec son père auparavant, mais le temps presse...

 

Si l'on regarde les dessous du scénar' l'histoire est assez classique: un père qui n'a jamais su parler à sa fille, en conséquence celle-ci a toujours pensé qu'elle n'avait aucune valeur aux yeux de celui-ci, cependant la mort offre l'ultime opportunité pour eux de se rapprocher. Le film est toutefois est divisé en deux parties: une première basée sur un récit déstructuré alternant le monde fantasmagorique de Tom et la réalité, mélangeant les différents niveaux de souvenirs et références au passé des protagonistes principaux, afin - comme il est souvent coutume dans ce genre de film - de larguer le spectateur et d'assembler les pièces du puzzle dans la deuxième partie. Ainsi au bout de 45 minutes, notre valeureux compositeur décide d'affronter ses vieux démons pour sortir de sa folie et revoir une dernière fois sa fille. Classique, mais cela donne lieu à une sympathique scène de poursuite en montagne russe et l'apparition de soldats français (avec un franglais très marqué) et d'une bande-son à son paroxysme (Last Ride of the Day plus épique que jamais !).

 

Entre Tim Burton et Terry Gilliam
L'accent est peut-être trop mis sur le mystère, car au final le rythme est assez lent et les dialogues ont tendance à tourner en rond. Heureusement la forme est plus importante que le fond, puisque la construction de l'intrigue nous laisse tout le loisir de contempler le monde fantastique tout droit sorti de l'imaginaire de Nightwish. Même si le fond vert se fait sentir par moment (les plus observateurs auront d'ailleurs remarquer les éclairages entourant le décor, dans les yeux des acteurs), force est de constater sur l'esthétique est très réussie rappelant les plus belles heures de Tim Burton et la touche de folie de Terry Gilliam, mention spéciale pour le parc d'attraction en ruine. 
Si vous êtes un peu geek ou amateur de jeux vidéo - comme votre humble serviteur - vous avez peut-être entendu parler d'Alan Wake, un thriller d'action psychologique basé sur l'univers de Stephen King ? Sachez que c'est le studio finlandais Remedy Entertainmentqui s'est occupé de son développement et que Stobe Harju avait également produit des scènes cinématiques. Ne soyez donc pas étonnés si l'esthétique du film se rapproche grandement de celle d'Alan Wake à la fin du film.

 

Nightwish et Petri Alanko
Ne soyez pas non plus étonnés de retrouver Petri Alanko (compositeur de la bande son d'Alan Wake)  pour les arrangements des chansons d'Imaginaerum. Si la qualité des arrangements n'est pas à remettre en cause, la logique quant à l'harmonisation de certaines scènes avec la musique est franchement douteuse. I Want my Tears Back par exemple semble être placé purement gratuitement dans une scène de dialogue. Par ailleurs, le film avait quelques obligations vis-à-vis du groupe aussi certaines scènes sont entièrement dédiées à la gloire de Nightwish. Présent à l'écran, le groupe interprète deux de ses chansons et, contrairement aux apparences, ses séquences ont bel et bien un intérêt narratif (surtout Scaretale en fait), même si la mise en scène n'est absolument pas justifiée. Afin que les spectateurs retrouvent pleinement l'univers du groupe, les membres incarnent différents personnages avec des noms ressemblants aux leurs (et regardez cette imagination: Anette Olzon devient Ann, Tuomas Holopainen devient Tom, Marco Hietala joue Marcus...). Niveau acteur d'ailleurs, ces derniers sont bons, mention spécial pour le jeune Quinn Lord qui, bien que récitant quelques répliques par moment, possède une présence plus que convaincante.

 

Pour les fans surtout
Si vous êtes fan du groupe, ou que vous aimez leur musique ou univers vous serez aux anges, le public plus large y trouvera peut-être un film moyen car classique et trop alambiqué... ou trop intime ? Tuomas Holopainen semble avoir réaliser un rêve en réalisant un film basé sur la musique du groupe et son imaginaire, mais peut-être l'a-t-il réalisé un peu trop pour sa pomme (le scénario est de lui, la bande son en grande partie aussi et le personnage principal porte son nom... ça fait pas un peu beaucoup là ?). Enfin, il faut savoir que ce film n'est jamais sorti dans les salles françaises (et ne risque pas ou peut-être dans quelques années comme Troll Hunter) et est disponible en Blu-Ray dans une version internationale sur le site marchand de Nightwish (vous pouvez aussi le trouver en téléchargement avec des sous-titres français, mais il paraît que c'est pas bien, je ne vous dirai donc pas que vous pouvez vous le procurer sur Zone de Téléchargement, bande de moribonds !).

 

 
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Imaginaerum (le film)

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